Commémoration des victimes des réfugiés : espoir et humanité à Würzburg
Le 4 juillet 2025, une prière œcuménique à Würzburg rend hommage aux réfugiés décédés. Le vicaire et le curé de la cathédrale appellent à la solidarité.

Commémoration des victimes des réfugiés : espoir et humanité à Würzburg
La tragédie des voies d’évacuation reste un problème déprimant qui exige plus que jamais une attention particulière, surtout aujourd’hui. Le 4 juillet est placé sous le signe du souvenir : une prière œcuménique a eu lieu aujourd'hui à la Marienkapelle de Würzburg pour commémorer les innombrables personnes qui ont perdu la vie en fuyant. Fort Diocèse de Wurtzbourg, la prière a été prononcée par le vicaire de la cathédrale, le Dr Matthias Leineweber, et par le pasteur Tanja Vincent, qui a dirigé l'événement et a abordé le sort des réfugiés qui prennent souvent des risques inimaginables dans l'espoir d'une vie meilleure.
Le thème central de la prière, « Mourir sur le chemin de l’espoir », a mis en lumière la triste réalité : plus de 72 000 personnes sont mortes ou ont disparu depuis 1990 dans leur quête de sécurité et de perspectives. Depuis 2015 seulement, ce nombre s’élève à plus de 46 000, soulignant les dimensions effrayantes de cette crise humanitaire. En particulier, le sort de personnes comme Sufyan, Qusnain, Muhammad et Sajjad, noyés au large des côtes marocaines le 15 janvier, a rappelé aux personnes présentes les tragédies humaines qui se cachent derrière ces statistiques.
La voie d'évacuation la plus dangereuse au monde
La traversée de la Méditerranée s’est imposée comme la voie d’évacuation la plus meurtrière au monde. Selon un rapport du nouvelles quotidiennes Les Nations Unies ont fait état de près de 100 morts ou disparus en 2024. Ce nombre a doublé par rapport à la même période de l'année dernière et montre l'évolution effrayante des voies d'évacuation. L’année 2023 a déjà été l’année la plus meurtrière pour les boat people en Europe depuis 2016, avec 3 041 morts ou disparus. Ce revirement est souligné de manière alarmante par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui souligne également l’augmentation drastique du nombre de décès lors des tentatives de fuite à travers la Méditerranée.
La Secrétaire générale de l'OIM, Amy Pope, appelle également de toute urgence à mettre en place des voies d'immigration sûres et légales afin de réduire les souffrances intolérables des personnes en déplacement. Les programmes d'investissement et de développement ainsi que les mesures contre l'immigration non réglementée ont été discutés lors d'un sommet convoqué par la Première ministre italienne Giorgia Meloni. La nécessité de s’attaquer à la racine de ces crises est incontestable.
Modifications des issues de secours
Les voies de fuite à travers la Méditerranée ne sont pas constantes ; ils changent chaque année en fonction des circonstances politiques et sociales. Le Aide aux réfugiés de l'ONU rapporte que 46 843 réfugiés et migrants ont déjà atteint les îles Canaries en Espagne en 2024, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 15 617 en 2022. Dans le même temps, la situation dans les centres d'accueil en Grèce, comme à Lesbos, est tendue, obligeant de nombreux migrants à choisir d'autres itinéraires. Les informations faisant état de refoulements en mer et aux frontières terrestres influencent également les décisions de ceux qui risquent de traverser la Méditerranée.
Les abus aux frontières et dans les centres d’accueil soulignent l’urgence avec laquelle la communauté internationale doit agir. Se souvenir des morts n’est pas seulement un hommage, mais aussi un appel à promouvoir une « culture de l’hospitalité », comme l’a dit le pape François. La prière d'aujourd'hui s'est terminée par un appel urgent à prier pour les morts et pour la conscience des vivants, afin de ne pas perdre de vue les défis de la fuite et de la migration - car, comme l'a souligné avec insistance Leineweber, la souffrance des autres ne doit pas être considérée comme un problème étranger.